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La voix, l'icône et le Mantra Cycle de séminaires, de novembre 2006 à février 2007
Nous reprenons à nouveaux frais l'étude des idées reçues dans la culture occidentale contemporaine sur les rapports entre la langue et la parole, la parole et l'écriture, le langage et la musique. Nous situons notre enquête dans différents contextes historiques ou ethnographiques, à chaque fois bien délimités dans l'espace et dans le temps. Nous posons dans toutes leurs dimensions, et en particulier leurs dimensions politiques et leurs dimensions esthétiques, des questions d'actualité à l'ère de la déterritorialisation des langues et du culte frénétiquement rendu à la vive voix. Les intitulés de couleur brune correspondent à des pages du site web Ce qu'il y a de commun pour l'oreille et pour les yeux, dans les sons de la voix humaine, dans les signes de type iconique au sens de Peirce et dans les Mantras, c'est un processus de participation du destinataire à la réalité sonore et visuelle qui lui est transmise. Participation (au sens de Lévy-Bruhl), dans son esprit et dans sa chair. Nous nous proposons d'en expliquer le principe dans une perspective non-dualiste. 9 novembre 2006 La voix intérieure et l'iconicité dans le langage
16 novembre Les sons détachés de la voix et leur réincarnation 23 novembre La voix qui fait ce qu'elle dit, ou le signe efficace
30 novembre La Parole et le Chant, structure et histoire Cet exposé, et l'ensemble du séminaire du 30 novembre auquel tous les participants habituels se sont retrouvés puisque nous étions cinquante à l'heure habituelle dans la salle Maurice et Denys Lombard (96 bd Raspail), avait été préparé dans le cadre de la Journée doctorale du PRI «Anthropologie et Linguistique» et du CELITH, le Centre de Linguistique Théorique de l'EHESS.
7 décembre Les Mantras entre sémantique et pragmatique
14 décembre Phrases sans paroles, ou l'occultation de la voix Dans un roman, les particularités dialectales des langues qui sont utilisées par l’auteur et qu’il attribue à ses personnages n’apparaissent jamais en dehors des dialogues. La langue du récit est désincarnée. La narration ne s’adresse pas à un auditoire, c’est un soliloque. D’où la disparition de tout cadre de participation du lecteur à l’énonciation du récit. Dans la chanson de geste où prédominait la vive voix, le lien établi au cours de la récitation entre l’artiste et son public était explicitement mis en scène; le chanteur interpelait son auditoire en vantant son art et cette interpellation était racontée à l’intérieur même du texte écrit de la chanson. Le chanteur (l’interprète dans le spectacle réel) évoquait donc un chanteur (le personnage dans la chanson) parlant de vive voix à son auditoire supposé. Le texte chanté mettait en scène un spectacle (fictif) dans lequel l’auditeur (réel) se voyait assigner une place. Le narrateur, aux yeux de l’auditeur, s’identifiait à l’interprète de ce spectacle. Cette représentation théâtrale fictive disparaît purement et simplement dans un roman.
21 décembre Style indirect libre Avec sa théorie du nouveau culte de la voix, il nous mène en bateau [cliché], Monsieur Zimmermann [force illocutoire du nom de personne]. Mais vous allez voir, tout ce beau discours va faire Pschitt! [cliché]. [L'ensemble de ce qui précède étant au style indirect libre.] Bon, mais tous ces sons de voix qui résonnent autour de moi, comment vais-je les capter puis les analyser sinon en les enregistrant au style indirect libre? C'est la seule forme d'énonciation, dans la littérature classique, qui garde vivant le timbre de la voix. Voix romantique [verbes à l'imparfait] dans un décor réaliste [verbes au passé simple] par exemple dans ce code-switching typique du style indirect libre:
Vous entendez le timbre de sa voix? Bah il exagère, Monsieur Zimmermann, et puis on est en sciences sociales pas en littérature [style indirect libre]. Or ma proposition justement, c'est que nous disposons là, dans ce type d'alternances entre deux codes linguistiques, d'un outil pour les sciences sociales. Un outil pour capter la vive voix.
18 janvier 2007 La vive voix et le Réalisme dans une littérature émergente «Littérature émergente»: L'écrivain, virtuose de sa langue maternelle, retourne celle-ci contre une langue dominante pour peindre «de vive voix» — c'est-à-dire dans son dialecte ou son vernaculaire — la société dont il est l'ethnologue, et la transformer. Je reviens du Kerala (où je travaille sur Kayar de Thakazhi) le 15 janvier, et je parlerai de Kayar à Carcassonne le 19 janvier. Dans l'entre-deux, je testerai au séminaire mon interprétation anthropologique, littéraire et politique de la vive voix en Malayalam.
Textes et documents préparés pour ce séminaire et disponibles sur la base Viva Voce:
25 janvier 2007 Les sons de voix étrangères L'héritage de Roman Jakobson et de Evguenij Polivanov. Les phonèmes sont des clés de la perception de la langue maternelle. La percée scientifique des années 1930. Documents ou textes à l'appui et pages web à lire avec celle-ci:
1er février 2007 L'iconicité des noms propres
15 février 2007 La voix, le corps, le geste et la parole Le texte de ce séminaire se trouve sous la rubrique Chant.
Fin du premier semestre
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