Nous partons des deux premières pages de Roman Jakobson, Six leçons sur le son et le sens, Paris, Minuit, 1976, sur la fameuse poésie d'Edgar Poe, Le Corbeau (The Raven) et le refrain mélancolique de ce poème, Nevermore.
(p. 22) «Mais la sémantique proprement dite de ce terme (sa signification générale et ses significations accidentelles, contextuelles) n'épuise pas toute sa valeur. Edgar Poe lui-même nous a raconté que c'est la faculté onomatopoétique virtuellement renfermée dans les sons du mot nevermore qui lui a suggéré l'association avec le croassement du corbeau et qui lui a même inspiré tout le poème. Enfin, bien que le poète ne cherche pas à affaiblir l'unité, la monotonie du refrain, et qu'il l'introduise toujours de la même manière: “Le Corbeau dit: Nevermore!”, il est hors de doute que divers moyens phoniques tels que le ton et ses modulations, l'accent d'intensité et l'allure, les nuances d'articulation des sons et de leurs groupes, que ces différents moyens nous permettent de varier de toute manière quantitativement et qualitativement la valeur émotive du mot.»
Cette modulation de la valeur émotive d'un mot permet de cerner sa son iconicité, sa capacité d'être un signe efficace.
En français à cause de Baudelaire et du célèbre sonnet sur les Correspondances cénesthésiques («les couleurs et les sons se répondent»), on peut dire que l’iconicité est un «système de correspondances».
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