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© Les Festes de Thalie

2008-2009

Des ornements du discours aux mises en scène de la voix

Tous les Jeudis de 11 h à 13 h, salle 8 (105 bd Raspail)

du 6 novembre 2008 au 4 juin 2009

Ce séminaire est dédié à la vive voix dans toutes les dimensions de son déploiement: dialoguer et chanter, faire des discours et jouer la comédie, joindre le geste à la parole. On vient dans ce séminaire se former à «l’analyse du discours», qui n’est autre que ce que l’on appelait jadis la Rhétorique. On vient dans ce séminaire inventer des «scénographies de la voix», c’est-à-dire des dispositifs propres à éclairer et à figurer les situations d’énonciation. Jean Paulhan, Roman Jakobson et Mikhaïl Bakhtine sont nos classiques. Le théâtre et les arts du spectacle parlé-chanté-dansé sont nos terrains d’enquête.

Chaque séance est organisée autour de la lecture critique de textes à l'appui dont une version PDF peut être téléchargée à partir de la page PDFs Scénographies de la voix de notre bibliothèque numérique privée dont l'adresse est:

http://ehess.anthropologielinguistique.fr/library/index.php?id=91

Le contenu des PDFs est indexé (searchable).

 

6 novembre 2008
«Donner à voir la voix» (Louis Marin)
Exercices de «lecture en hypotypose»

Se demander comment, par quels moyens, et dans quelles limites la représentation picturale, avec son médium spécifique, aux marges ou dans les combles de son entreprise, offre à la vision précisément ce que Poussin nomme à propos de Virgile le son des paroles, c'est-à-dire une certaine substance intermédiaire entre bruit, cri, son et articulation sensée, discours: cette première conversion du dire au voir ne pourrait être pensable, intelligible, «montrable» que sous réserve d'une seconde qui s'y logerait, à savoir que la phantasia de la voix dans le tableau soit performée en un dire qui la laisse entendre.» Louis Marin, De la représentation, p. 332.

Le point de départ de notre enquête sur l'emploi des ornements du discours dans les mises en scènes de la voix est un article de Louis Marin (marin_voix.pdf), l'analyse qu'il propose d'une double articulation de la figure de rhétorique qu'on nommait jadis une hypotypose et le commentaire qu'il propose de deux peintures célèbres, l'une de Klee et l'autre de Poussin, qui sont de véritables mises en scènes de la voix.

Outre le plaisir du texte et des images, ce point de départ me donne le moyen d'illustrer de la façon la plus intuitive qui soit la méthode que je vais suivre à l'interface des arts et du langage, entre Rhétorique et anthropologie de la performance et de l'énonciation.

Lire la suite de l'argumentaire du 6 novembre (cliquer sur ce lien)

marin_voix.pdf — Louis Marin, Aux marges de la peinture: voir la voix (1988), repris dans Louis Marin, De la représentation, Paris, Gallimard—Seuil—Hautes-Etudes, 1994, pp. 329-341.

rougerie_adMarginem.pdf — Florence Rougerie, Ad Marginem, écriture et peinture chez Paul Klee. Aux marges du tableau: titres, légendes, signature, Textimage, Revue d'étude du dialogue texte—image, Numéro 1: En Marge, avril 2007. Publication électronique dont la mise en pages et les illustrations sont belles, à l'adresse:

http://www.revue-textimage.com/01_en_marge/rougerie1.htm

 

13 novembre 2008
La déclamation entre rhétorique et oralité
Vers des scénographies de la lecture à haute voix et de la déclamation

Les recherches que nous conduisons sont la conséquence d'une mutation dans la sensorimotricité produite par l'explosion de l'audiovisuel et d'une prise de conscience du fait que «la lecture silencieuse», comme l'instituteur appelait autrefois cet exercice à l'école primaire, fut une parenthèse dans l'histoire des pratiques d'écriture et de lecture. Nous devons donc prendre nos distances par rapport aux habitudes scolaires de la première moitié du vingtième siècle, et mener notre enquête dans le passé ou dans d'autres cultures que la nôtre qui ont gardé vivantes la lecture à haute voix et la déclamation. Les figures de la rhétorique classique, et pas seulement en Europe mais aussi en Inde par exemple, ont fleuri dans le contexte du dire à haute voix.

Lire la suite de l'argumentaire du 13 novembre (cliquer sur ce lien)

green_orality_reading.pdf — D. H. Green, Orality and Reading: The State of Research in Medieval Studies, Speculum, Vol. 65, No.2. (Apr., 1990), pp. 267-280.

mendelson_declamation.pdf — Michael Mendelson, Declamation, Context, and Controversiality, Rhetoric Review, Vol. 13, No. 1 (Autumn, 1994), pp. 92-107.

starobinski_operas_daPonte.pdf — Jean Starobinski, Les opéras de Da Ponte, dans J. Starobinski, Les enchanteresses, Paris, Seuil, 2005, pp. 53-64.

 

20 novembre 2008
Le Parallélisme poétique (Roman Jakobson)
L'une des questions majeures de notre domaine de recherches

Je replacerai brièvement dans le contexte plus large d'une anthropologie de la vive voix ce que Paul Zumthor appelle «la notion de style formulaire oral»:

D'où l'insuffisance, pour excès d'étroitesse, de la «théorie orale», comme on la nomma, dans les années 70, en pays anglo-saxons et germaniques, et dont A. B. Lord fut le maître longtemps incontesté. Fondée sur les travaux de Tatlock (dès 1923) et de Parry (en 1928, puis 1930) consacrés à l'épopée antique, et sur ceux de Murko (en 1929) sur les guslari yougoslaves, la théorie définit un mode d'expression dénommé «style formulaire» et que, dans son état premier, elle considérait comme le propre de l'épopée lorsque celle-ci fait l'objet de transmission orale. Dès les années 50, divers médiévistes, presque simultanément, eurent l'idée d'appliquer à des poèmes narratifs du haut moyen âge la notion de style formulaire oral, qui semblait dès lors assurée dans la pratique de certains hellénistes et de slavisants.

zumthor_texte_vocalise.pdf — Paul Zumthor, La Lettre et la voix. De la «littérature»médiévale, Paris, Seuil, 1987, Chapitre 9 «Le texte vocalisé», pp. 203–224; spéc. p. 214.

Les pages classiques de Roman Jakobson sur le parallélisme poétique me permettront de mettre en lumière la structure énonciative de ce style formulaire oral et je l'illustrerai d'un exemple de première main, les chants Toda.

emeneau_style_meaning.pdf — M. B. Emeneau, Style and Meaning in an Oral Literature, Language, Vol. 42, No. 2 (Apr. - Jun., 1966), pp. 323-345.

jakobson_parallelism.pdf — Roman Jakobson, Grammatical Parallelism and Its Russian Facet, Language, Vol. 42, No. 2 (Apr. - Jun., 1966), pp. 399-429. Traduction: jakobson_parallelisme.pdf — Roman Jakobson, Le parallélisme grammatical et ses aspects russes (1966), repris dans Roman Jakobson, Questions de poétique, Paris, Seuil, 1973, pp. 234-279.

jakobson_poetry_of_grammar.pdf — Roman Jakobson, Poetry of grammar and grammar of poetry, Lingua, Volume 21, 1968, Pages 597-609. Traduction: jakobson_poesie_grammaire.pdf — Roman Jakobson, Poésie de la grammaire et grammaire de la poésie (1968), repris dans Roman Jakobson, Questions de poétique, Paris, Seuil, 1973, pp. 219-233.

zimmermann_chants_toda.pdf — A propos des chants Toda, L'Homme. Revue française d'anthropologie, 14, 1 (Jan.-Mars 1974), pp. 73-85.

zimmermann_variantes.pdf — Les variantes dans un art de tradition (Chants populaires du sud de l'Inde), Recherches poïétiques, 1, Paris, Klincksieck (Collection d'esthétique, n° 22), pp. 115-125.

 

27 novembre 2008
Qu'est-ce que la déclamation baroque?

En suivant le fil conducteur que nous a mis en mains Louis Marin, je vais consacrer deux séances à une lecture attentive du beau livre d'Eugène Green, La Parole baroque, Paris, Desclée de Brouwer, 2001. Guidés par Green nous sommes idéalement situés, entre la naissance de l'art théâtral moderne et de l'Opéra au début du XVIème et l'avènement du Classicisme au XVIIème siècle, pour étudier de près l'articulation entre la voix et le geste, le dire et le chanter, et ce qu'on appelait «l'éloquence du corps».

green_chair_de_parole.pdf — Eugène Green, La chair de la parole, in La Parole baroque, Paris, Desclée de Brouwer, 2001, pp. 83–134.

 

4 décembre 2008
La Parole incarnée et le corps éloquent

Articulation de la voix et du geste, telle qu'elle fut pensée et pratiquée en Europe au tournant du XVIIème siècle. Je m'efforcerai de situer notre problématique dans le cadre d'une première approche historique et comparative du Baroque. Un dossier raisonné de textes à l'appui sera mis en ligne dans les prochaines semaines, concernant la rhétorique, le théâtre et le chant. Dans cette attente, on lira le beau texte de Green référencé ci-dessous.

green_corps_eloquent.pdf — Eugène Green, Le corps transfiguré, in La Parole baroque, Paris, Desclée de Brouwer, 2001, pp. 135–163.

Plus généralement sur la gestuelle dans notre perspective:

http://ehess.tessitures.org/scenographies/scenographies/gestuelle/iconique.html

cassell_mcneill_gesture_prose.pdf — Justine Cassell and David McNeill, Gesture and the Poetics of Prose, Poetics Today, Vol. 12, No. 3 (Autumn, 1991), pp. 375-404.

chabert_corps_materiau.pdf — Pierre Chabert, «Le corps comme matériau dans la représentation théâtrale», dans [Anon.] Recherches poïétiques, Tome II, Le matériau, Paris, Klincksieck, 1976, pp. 299-325.

 

11 décembre 2008
Gestuelle au théâtre, gestuelle et cognition
Rectificatif sur l'étude du Geste lié à la voix

Nous croisons dans notre enquête deux approches de la Gestuelle très différentes l'une de l'autre et relevant presque de deux cultures différentes: d'un côté l'expérience des arts vivants, et de l'autre les sciences cognitives. Nous nous positionnons dans l'entre-deux, ce qui est source d'incompétence et d'erreurs, mais ce qui nous donne aussi la distance critique nécessaire pour échapper aux présupposés des uns et des autres. La bibliographie est donc clivée. D'un côté nous disposons des témoignages et des réflexions théoriques sur la pratique du théâtre et de tous les arts vivants privilégiant le geste, le masque, la pantomime et l'alliance de la parole à la musique et à la danse dont un exemple pourrait être Le Canoë de papier d'Eugenio Barba ou Le Corps en jeu dans la collection Arts du spectacle de CNRS Editions. De l'autre nous suivons le développement actuel des recherches à l'interface du langage, de l'anthropologie et des sciences cognitives et nous lisons par exemple Language and gesture, Edited by David McNeill.

S'il ne fallait recommander qu'une seule lecture pour servir d'introduction à cette séance du séminaire:

haviland_gesture.pdf — John B. Haviland, Gesture, in Alessandro Duranti (Edited by), A Companion to Linguistic Anthropology, Oxford, Blackwell, 2004, pp. 197-221.

John Haviland (San Diego) sera parmi nous pour un mois, comme professeur invité à l'EHESS, au printemps 2009.

A la suite de la séance du 11 décembre, une typologie des gestes à l'appui de la voix sonore ou muette, qui avait été présentée oralement d'après David McNeill, a été rédigée et mise en ligne:

http://ehess.tessitures.org/scenographies/scenographies/gestuelle/typologie-gestuelle.html

La bibliothèque numérique a été réorganisée et une importante collection de PDFs consacrée au Geste et à la Gestuelle a été créée. Ces textes sont rangés dans les dossiers Gestuelle au théâtre, Gestuelle et cognition, Déclamation et Geste et image (qui contient des articles classiques et de grand intérêt historique parus en français de 1968 à 1985):

http://ehess.tessitures.org/classics/axe-commediante/gestuelle-et-cognition.html

http://ehess.tessitures.org/classics/axe-commediante/gestuelle-au-theatre.html

http://ehess.tessitures.org/classics/axe-commediante/declamation.html

http://ehess.tessitures.org/classics/axe-commediante/geste-et-image.html

 

18 décembre 2008
Scénographie et performance
Des dossiers historiques aux constructions informatiques

Les premières semaines de notre enquête pourraient donner l'impression que nous nous enfermons dans l'exploration d'époques lointaines et de mondes perdus. Mais s'il est vrai que la dimension historique (la rhétorique classique et l'art baroque par exemple) est essentielle autant que la dimension comparative (les théâtres d'Asie par exemple), mon objectif est bien de construire des scénographies de la voix en utilisant, à titre expérimental, les technologies informatiques d'aujourd'hui. Le dernier séminaire avant Noël et celui de la rentrée du 8 janvier 2009 seront consacrés à un paramétrage du concept de performance (au sens anglais du mot), pour faire une transition vers les essais informatiques que nous tenterons ensuite.

I. Le paradigme de la textualité et sa critique

Durant les années 1960-1970, les années de la Nouvelle Critique, au cours desquelles s'imposent le paradigme de la Culture comme Texte (Clifford Geertz) et la dichotomie entre Texte et Performance, la représentation théâtrale (dramatic performance), subordonnée à la primauté du texte, est conçue comme une «représentation» (au sens étymologique du mot) et une réitération du texte de la pièce. C'est à partir du moment où ce paradigme de la textualité et cette dichotomie sont remis en question que s'ouvre une nouvelle époque des Performance Studies centrées désormais sur les performances sans texte.

Lire la suite:

http://ehess.tessitures.org/scenographies/scenographies/arts-de-parole/texte-et-performance.html

(vacances du 20 décembre 2008 au 5 janvier 2009)

Reprise le Jeudi 8 janvier 2009
Scénographie et performance
II. De la phénoménologie à la multimodalité du discours

Les trois concepts, coordonnés entre eux, de «performance» (au sens de ce mot en anglais), «format de production» de la parole et «cadre de participation» aux actes de parole (au sens défini par Erving Goffman) reçoivent, dans notre projet de construction de scénographies de la voix, deux applications distinctes. Ils permettent d'abord d'analyser le dire et le chanter, comme le font les folkloristes et les ethnopoéticiens depuis les années soixante-dix dans le sillage de Richard Bauman. Mais ils permettent aussi de penser ce qu'on appelle aujourd'hui, dans le contexte créé par les nouvelles technologies informatiques, la multimodalité du discours.

Lire la suite:

http://ehess.tessitures.org/scenographies/scenographies/multimodalite/performance-et-multimodalites.html

 

15 janvier 2009
Jayaganesh, ou Voix, performance et croyance
Victor Turner, Richard Schechner et nos scénographies personnelles

Il est temps de faire un retour sur nous-mêmes et quelques participants ont suggéré que tout un chacun ait l'occasion de «prendre position» (au sens de Goffman bien sûr) sur ce séminaire et ces scénographies. J'ai cherché un catalyseur du débat et les premières pages de Richard Schechner dans The Future of Ritual, London/New York, Routledge, 1993 me semblent parfaitement appropriées.

schechner_jayaganesh.pdf — Richard Schechner dans The Future of Ritual, London/New York, Routledge, 1993, pp. 1–5: Introduction.– Jayaganesh and the avant-garde.

Nous permet d'entrer dans l'indianisme. Nous offre un exemple d'ethnographie engagée par rapport à laquelle chacun de nous peut se situer. Le problème théorique est celui des rapports entre Théâtre et Rituel, ou si l'on préfère, entre la production de la Voix et les croyances religieuses qu'elle «invoque» au sens étymologique de ce mot.

Sans que nous soyons contraints de traiter cette question de cours des années 1960-1970 que l'on formulait en rapprochant Théâtre et Rituel, il est utile à notre projet de rassembler quelques textes classiques sur ce thème et susceptibles d'éclairer la préhistoire de nos scénographies de la voix.

Lire la suite:

http://ehess.tessitures.org/scenographies/scenographies/arts-de-parole/jayaganesh.html

 

22 janvier 2009
Du théâtre au rituel (Victor Turner)
La liminalité est l'énonciation d'une réalité virtuelle

Le projet d'utiliser les seuils, les marges, la liminalité, comme des prismes pour décomposer la parole et le geste dans le contexte de spectacles rituels ou ritualisés, est très ancien puisqu'il nous vient d'Arnold Van Gennep, Les Rites de passage (1909).

Dans le droit fil de cette tradition de recherche en anthropologie religieuse et anthropologie symbolique, je me propose de modeler mon analyse sur celle de Goffman dans Footing pour décomposer le format de production de la voix en Réalité et Fiction, et pour décomposer le cadre de participation aux actes de parole ou aux arts de parole en Monde réel et Monde virtuel.

Ce faisant je vais basculer dans le XXIe siècle et me libérer des a priori de l'anthropologie religieuse et de l'herméneutique, pour interpréter la liminalité (Victor Turner) comme instauration ou énonciation d'une réalité virtuelle et pour l'analyser non plus (comme il le faisait) en termes de symboles et croyances, mais avec les outils conceptuels de l'informatique.

Lire la suite:

http://ehess.tessitures.org/scenographies/scenographies/multimodalite/du-theatre-au-rituel.html

 

29 janvier 2009
Réalité virtuelle, immersion et interactivité
Une fructueuse tension interne à l'interface du littéraire et du numérique

As a literary theorist, I am primarily interested in the two components of the VR experience as a novel way to describe the types of reader response that may be elicited by a literary text. I propose therefore to transfer the notions of immersion and interactivity from the technological to the literary domain and to discuss the conditions of their textual implementation. While interactivity has been extolled by postmodern theory as the triumph of its own aesthetic ideals of a creative reader, an open text, and a ludic relation to language, immersion has been either ignored or dismissed as the holdover of a now-discredited aesthetics of illusion that subordinates language to its referent, and ignores its power of configuration over the reality it is supposed to represent. Through this comparative study of the immersive and interactive potential of literature and VR technology, I hope to pave the way for a more critical investigation of the concept of interactivity in literary theory, a rehabilitation of the experience of immersion, and a greater awareness of the expressive properties of the medium that supports literature.

ryan_immersion.pdf — Marie-Laure Ryan, Immersion vs. Interactivity: Virtual Reality and Literary Theory, SubStance 28.2 (1999), pp. 110-137. Dans le dossier Réalité virtuelle.

Je me propose de parcourir en sens inverse le chemin indiqué en exergue de l'informatique à la littérature, en revenant de la littérature à l'informatique sur le thème de la Réalité virtuelle.

L'objet de ce séminaire est de définir «la réalité virtuelle» que nous construisons avec les outils de l'informatique, en expliquant les deux types fondamentaux de relations psychophysiques que nous entretenons avec cette réalité virtuelle: c'est un environnement, réel ou simulé, dans lequel [1] nous sommes immergés et que [2] nous pouvons modifier. J'emprunte cette définition et cette analyse à Marie-Laure Ryan: To apprehend a world as real is to feel surrounded by it, to be able to interact physically with it, and to have the power to modify this environment. The conjunction of immersion and interactivity leads to an effect known as telepresence.

Lire la suite:

http://ehess.tessitures.org/scenographies/scenographies/virtuel/immersion-et-interactivite.html

 

ATTENTION, le séminaire du 5 février 2009 est annulé

Pour cause de participation aux Débats 2009 sur l'avenir de l'EHESS dans l'amphithéâtre

 

12 février 2009
Corps, performativité et théâtralité virtuelle
Le corps et la voix de l'utilisateur comme sources de réalité virtuelle

Virtualité et Performativité

Most immediately, however, VR-led research is greedy for expertise across a wide range of disciplines and skills. For us, that has meant the creation of a large interdisciplinary research team, linking VR modelers to archaeologists, database experts to theatre historians, archaeological surveyors to urban historians; all joined, however, by the shared need to understand the distinctive performative textuality of Virtual Reality, in which their common efforts meet.

denard_virtuality_performativity.pdf — Hugh Denard, Virtuality and Performativity: Recreating Rome's Theatre of Pompey, PAJ: A Journal of Performance and Art, PAJ 70 (Volume 24, Number 1), January 2002, pp. 25-43. Dossier Corps et virtualité.

La revue PAJ: A Journal of Performance and Art, est accessible sur le portail Muse.

Je poursuis l'analyse de la Réalité virtuelle dans ses rapports avec la Performance, et tout naturellement se présentent à nous les vecteurs par excellence de la médiation, puisque cet «environnement médiat» dans lequel nous sommes immergés dans la téléprésence de la Réalité virtuelle (je suppose connu ce vocabulaire introduit la fois dernière) se présente à nous par la médiation du Corps et de la Voix dans leur performativité psychophysiologique.

Premières lectures

Dans le dossier Corps et virtualité. Biocca et Kaye sont prioritaires.

bente_deRuiter_animated_perception.pdf — Gary Bente, Nicole C. Krämer, Anita Petersen, and Jan Peter de Ruiter, Computer Animated Movement and Person Perception: Methodological Advances in Non-Verbal Behavior Research, Journal of Nonverbal Behavior, Volume 25, No. 3, Fall 2001, pp. 151-166.

biocca_embodiment.pdf — Frank Biocca, The Cyborg's Dilemma: Progressive Embodiment in Virtual Environments, Journal of Computer-Mediated Communication, JCMC [Indiana University School of Library & Information Science], Volume 3, Number 2, September 1997. Journal en ligne désormais sur Blackwell Synergy.

http://jcmc.indiana.edu/vol3/issue2/biocca2.html

corness_embodiment.pdf — Greg Corness, The Musical Experience through the Lens of Embodiment, Leonardo Music Journal, Volume 18, 2008, pp. 17–20.

kaye_video_presence.pdf — Nick Kaye, Video Presence: Tony Oursler’s Media Entities, PAJ: A Journal of Performance and Art, PAJ 88 (Volume 30, Number 1), January 2008, pp. 15–30.

http://presence.stanford.edu/

 

 

19 février 2009
La mise en scène d'une présence virtuelle
Illustrations littéraires d'une définition de Frank Biocca

biocca_embodiment.pdf — Frank Biocca, The Cyborg's Dilemma: Progressive Embodiment in Virtual Environments, Journal of Computer-Mediated Communication, JCMC [Indiana University School of Library & Information Science], Volume 3, Number 2, September 1997. Dossier Corps et virtualité.

7.2 Definition of social presence

[…] But if we dig a little deeper, we find that social presence may be a little more complicated and interesting than this initial discussion. The perception of social presence might be defined as:

The minimum level of social presence occurs when users feel that a form, behavior, or sensory experience indicates the presence of another intelligence. The amount of social presence is the degree to which a user feels access to the intelligence, intentions, and sensory impressions of another.

How does this definition help us? As Husserl pointed out, we have phenomenal access to our intelligence, intentions, and sensory impressions. The perception of the other is the empathetic simulation of internal states of another "if we were there in the space" over there.

Lectures en parallèle:

sartre_regard.pdf — Jean-Paul Sartre, «Le regard», L'Etre et le néant, Paris, Gallimard, 1943, pp. 310–315. Dossier Corps et virtualité.

«Je suis dans un jardin public. Non loin de moi, voici une pelouse et, le long de cette pelouse, des chaises. Un homme passe près des chaises. Je vois cet homme, je le saisis comme un objet, à la fois et comme un homme. Qu'est-ce que cela signifie? Que veux-je dire lorsque j'affirme de cet objet qu'il est un homme? Si je devais penser qu'il n'est rien d'autre qu'une poupée…»

valery_danse.pdf — Paul Valéry, L'Ame et la danse, 1921. Dossier Danse et réalité virtuelle.

Le geste (la danseuse Athiktè) dans le contexte de la voix (dialogue platonicien qui subvertit le platonisme). Athiktè veut dire en grec: la non touchée; la chaste, la vierge; celle qui ne doit pas être touchée (la sacrée).

C'est l'époque d'Isadora Duncan (1877–1927) et d'Anna Pavlovna (1881–1931).

Autocommentaire:

valery_philosophie_danse.pdf — Paul Valéry, La Philosophie de la danse, 1936.

Texte de circonstance introduisant un spectacle de la danseuse la Argentina (1890-1936).

 

(Un ensemble de trois séminaires sur la Danse et la réalité virtuelle)

 

26 février 2009
La Danse instauratrice de Réalité virtuelle

Retour sur une question de méthode: j'ai décidé de faire porter l'enquête non pas sur la conversation ou la gestuelle ordinaires, mais sur les arts vivants. A ce niveau de réflexivité seulement — lorsqu'il y a mise en scène de la voix et du geste — apparaît la dialectique entre le réel et le virtuel, l'immédiat et la présence médiatisée, et le double processus d'immersion et interactivité, qui, avec le développement des technologies numériques, permettra la création de danses de synthèse (comme on dit voix synthétiques). Par opposition à la gestuelle ordinaire, seule la danse, parce qu'elle se compose aussi de musique, est instauratrice d'espaces virtuels. La notation n'est pas un relevé de l'existant, mais une scénographie. De l'intention au geste la conséquence est bonne: il ne s'agit pas d'interpréter mais d'instaurer; il ne s'agit pas de représenter (l'existant) mais de produire (le spectacle).

vanZile_noter_la_danse.pdf — Judy van Zile, Noter la danse: comment et pourquoi?, dans Andrée Grau et Georgiana Wierre-Gore (Ouvrage publié sous la direction de), Anthropologie de la danse. Genèse et construction d'une discipline, Pantin, Centre national de la danse, 2005, pp. 221–234. Dossier Danse et réalité virtuelle.

 

5 mars 2009
Métalepse dans le Nâtyasâstra
Théâtre dansé et réalité virtuelle: le point de vue d'un indianiste

bansatBoudon_coeur_miroir.pdf — Lyne Bansat-Boudon, Le Coeur-miroir. Remarques sur la théorie indienne de l'expérience esthétique et ses rapports avec le théâtre, dans L. Bansat-Boudon, Pourquoi le théâtre? La réponse indienne, Paris, Mille et une nuits, 2004, pp. 89–123. Dossier Danse et réalité virtuelle.

 

12 mars 2009
Le danseur de Kathakali et la marionnette
Espace virtuel prolongeant le corps du danseur-marionnette

Je recherche, dans les traditions de théâtre et de danse que je prends pour exemples, des précurseurs des scénographies de la voix que je cherche à construire et plus largement des formes anciennes de création de «réalité virtuelle». C'est le cas des danseurs-marionnettes dans le Kathakali du sud de l'Inde. Je cerne d'abord la structure de cette «danse» (qui est à la fois théâtre et pantomime). Je pointe ensuite deux composantes particulières de la scénographie. Je n'aborde pas encore dans ce séminaire la question de la voix: voix off (les chanteurs sont en marge de la scène) et ventriloquisme (cris et sons gutturaux du danseur sous son «masque vivant»). Cette analyse sera reprise le 30 avril en centrant l'observation non seulement sur la voix (in performance) mais aussi sur le texte de la pièce de théâtre: la diglossie (sanskrit-malayalam) et la dialectique entre parler et chanter.

Lire la suite:

http://ehess.tessitures.org/commediante/danse-sans-paroles/kathakali-et-marionnettes.html

 

nos Scénographies s'interrompent et reprendront le 30 avril

 

Conférences de John B. HAVILAND

professeur invité à l'EHESS

Dans le cadre du PRI Anthropologie et Linguistique animé par Michel de Fornel et Francis Zimmermann, John B. Haviland, Professeur au Département d'Anthropologie de l'Université de Californie à San Diego, donnera quatre conférences réparties sur nos deux séminaires de recherche, le Mercredi de 11h à 13h en salle 2 (Michel de Fornel) et le Jeudi de 11h à 13h en salle 8 (Francis Zimmermann). Nous accueillons ensemble à chaque fois notre invité et nous espérons que, dans la mesure de leur disponibilité, nos auditoires respectifs se réuniront pour cette occasion.

Page web personnelle à UCSD:
http://www.anthro.ucsd.edu/%7Ejhaviland/

Page Haviland sur le site Classiques et liste des PDFs de ses publications
dans notre bibliothèque numérique:

http://ehess.tessitures.org/classics/auteurs-classiques/haviland-john-b.html

 

Résumés (Abstracts) des quatre conférences ci-après

 

Mercredi 18 mars 2009 au séminaire de Michel de Fornel
de 11h à 13h en salle 2 (105 bd Raspail)

“We want to borrow your mouth”—master speakers and (real) linguistic competence

Le séminaire du 19 mars est annulé en raison des circonstances

Jeudi 26 mars 2009 au séminaire de Francis Zimmermann
de 11h à 13h en salle 8 (105 bd Raspail)

Virtuoso verbal vending and magical merolico marketing in Mexico City's Alameda

Jeudi 2 avril 2009 au séminaire de Francis Zimmermann
de 11h à 13h en salle 8 (105 bd Raspail)

Musical spaces

Mercredi 8 avril 2009 au séminaire de Michel de Fornel
de 11h à 13h en salle 2 (105 bd Raspail)

Portable signs: context (in)dependence and a cline of indexicality
in an emerging manual communication system in a Mayan community

Le séminaire du 9 avril sera remplacé par un atelier de lecture

 

(vacances du 11 avril au 27 avril 2008)

 

30 avril 2009
Scénographies de la vive voix qu'on entend dans l'écriture
Recentrer notre projet sur le second relais de la voix

Cette séance du séminaire conclut une phase préparatoire et propédeutique du projet de «Scénographies de la voix» pour amorcer les développements 2009–2010 au cours desquels, sur des matériaux ethnographiques et littéraires que j'ai moi-même recueillis, j'appliquerai mes scénographies à des arts de parole — chansons, discours rapporté, skaz, textes à double sens, métalepses et autres procédés d'oraliture — fixés dans l'écriture.

La recherche anthropologique subit une double contrainte: elle est ethnographiquement située, et le choix de ses objets d'étude est déterminé par les outils d'analyse et les langues de travail que nous pratiquons au long cours dans nos enquêtes de terrain; une panoplie forcément limitée. Ces contraintes m'imposent personnellement d'inscrire mes scénographies de la voix dans le cadre d'une œuvre littéraire dont je poursuis la lecture dans une langue exotique, depuis plusieurs années, en la traduisant pour la scénographier dans ma langue maternelle.

Ma méthode s'inspire autant de la traductologie que des performance studies. Plutôt qu'une traduction, en effet, je m'efforce de réaliser ce que les informaticiens, lorsqu'ils traduisent un site web d'une langue dans une autre, désignent en anglais du mot de localization. Je préciserai ultérieurement les procédés et les processus à l'œuvre dans cette entreprise de traduction multimodale qu'est la «localisation» d'un site web: appropriation, transposition et remaniement non pas tant du texte que des images et des sons, des liens et des formulaires, des métadonnées et parfois même des templates. Cette traduction multimodale, dans l'édition web, m'apparaît comme une scénographie appliquée à un texte ethnographiquement situé. Je m'en inspire en transférant ses méthodes et ses outils dans l'étude d'une littérature exotique.

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La voix dans l'écriture

 

7 mai 2009
Richard Kent Wolf
“Musical and other social 'beginnings' in South Asia and beyond”

Richard K. Wolf, Professor of Music at Harvard University et Professeur invité à l'EHESS, nous présentera un aspect de ses recherches en ethnomusicologie dans l'Inde qui me paraît particulièrement approprié à notre séminaire. L'objet de son propos, ce sont les premières notes et les gestes avec lesquels on commence à jouer un morceau de musique, ou bien les mots qui précèdent et annoncent la musique, ou bien encore the contextually-varying procedures whereby the south Indian Kota community gets ready to play an instrumental piece, ou pour user d'une traduction française qui parlera à nombre d'auditeurs, les diverses formes d'«Ouvertures» musicales.

Cette conférence invitée de Richard Wolf est en parfaite continuité avec les conférences de John Haviland avant Pâques. Pour illustrer l'un de ses exemples pris dans la musique carnatique, outre les documents audio et vidéo qu'il utilisera, Richard Wolf a apporté sa Veena (instrument de musique sud-indien) et se propose de nous en jouer quelques notes.

Liens vers:

Abstract de ce séminaire et biographie

Programme des quatre conférences de Richard K. Wolf

 

14 mai 2009
Atelier de tutorat pour les étudiants de master

Cette séance de fin d'année est strictement réservée aux étudiants devant valider ce séminaire. Nous discuterons des problèmes de méthode qui se posent dans la rédaction des fiches de lecture, des plus modestes aux essais d'écriture plus ambitieux, et des mémoires de M2.

 

(fin du cycle «Scénographies» 2008-2009)

Francis Zimmermann accueillera dans son séminaire du Jeudi les 28 mai et 4 juin
le philosophe Jonardon Ganeri, Professeur invité à l'EHESS

Le 21 mai 2009, Jeudi de l'Ascension, est un jour férié

Jeudis 28 mai et 4 juin 2009
Conférences de Jonardon Ganeri
Professeur de Philosophie à l'Université du Sussex et Professeur invité à l'EHESS

de 11h à 13h en salle 8 (105 bd Raspail)

Jonardon Ganeri, l'un des philosophes d'aujourd'hui les plus en vue, associe la pratique de la logique indienne (traditions logiques du Nyâya et du Bouddhisme) aux subtilités techniques de la philosophie analytique anglo-saxonne et de la logique modale contemporaine, dans une œuvre féconde et novatrice.

Le programme des conférences de Jonardon Ganeri sera communiqué par les listes de diffusion et mis en ligne sur le site web philosophindia.fr (Contact: Francis Zimmermann).

 

Nos scénographies de la voix reprendront le Jeudi 5 novembre 2009

Le site web assure la continuité et sera régulièrement mis à jour