Rousseau botaniste: le charmant et l'utile
Des saillances du paysage aux nomenclatures des herbiers
George Sand, Lettre du 3 juillet 1827 à Jane Bazouin (Corr. XXV, p. 144), citée dans Christine Planté, George Sand, fils de Jean-Jacques, in George Sand: Intertextualité et Polyphonie I: Palimpsestes, Echanges, Réécritures, Ed. Nigel Harkness et Jacinta Wright, Bern, Peter Lang, 2011, pp. 23–46:
«Jean-Jacques Rousseau qui était un botaniste passionné, dit expressément quelque part, qu'en appliquant l'étude des simples à la médecine, on lui ôte tout son charme, et qu'en herborisant dans les prairies il serait étrangement vexé d'imaginer qu'il compose des cataplasmes et des lavements. Pour moi c'est là à peu près mon seul but en me promenant dans les prés.»
C'est dans la Septième promenade des Rêveries d'un promeneur solitaire (1776-1778, publié après sa mort en 1782) que Rousseau [1712-1778] formule cette distinction entre les plantes pour leur charme dans leur milieu naturel et les drogues pour leur utilité dans la pharmacie.
Thèse précieuse pour l'anthropologue, qui oppose l'observation de la nature par la perception à la croyance à la parole d'autrui douée d'autorité. C'est une polarité fondamentale entre Parole et Perception, tant dans la philosophie européenne d'inspiration empiriste que dans la théorie brahmanique de la connaissance en Inde.