Pitagora ed il poliglotta
Anthropologie cognitive et diversité des langues
Polyglottes? Nous nous efforçons de le devenir. Nous respectons la diversité des langues, des terminologies, des rhétoriques, des registres d'emploi d'une même locution et des dialectes propres à un milieu social donné. Les savoirs locaux (ethnosciences) que nous prenons pour objets d'étude — un système de pharmacie galénique, un art des disputes oratoires, ou des techniques d'irrigation, pour ne citer que trois exemples parmi cent autres possibles — sont à chaque fois historiquement et socialement situés dans un monde moral et langagier particulier.
L'anthropologie cognitive se donne pour matériaux concrets d'étude les savoirs enchâssés (embedded) dans notre langue maternelle, les récits (narratives) qui nous sont racontés, les arts et traditions savantes dont quelques uns d'entre nous deviennent des virtuoses, les techniques et les objets (artifacts) de la vie quotidienne qui ont une histoire et dont nous héritons dans un milieu social donné. D'un point de vue épistémologique, l'anthropologie cognitive, telle qu'elle s'est constituée depuis les années 1960 aux Etats-Unis, croise entre elles les problématiques de la philosophie, de la linguistique et de l'ethnographie. Nous pratiquons ici cette discipline sous l'angle de la diversité des langues, et particulièrement des langues de littérature (textualities), en la rapprochant donc de l'histoire et des humanités classiques.
