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Ces deux livres font partie de la liste établie pour 2018–2019 des douze livres que les étudiants de M2 doivent lire pour prendre une vue globale de l'anthropologie dans son actualité.

La place des femmes dans la parenté — 1 et 2

Objet du débat —
Les femmes peuvent-elles résister à la domination masculine dans les relations de parenté?

1/ 28 janvier 2019
Donner et rendre entre hommes et femmes

Le débat sera présenté à partir d'une lecture de:

Annette B. Weiner, Inalienable Possessions.
The Paradox of Keeping-While-Giving
,
Berkeley, University of California Press, 1992

Dans la Bibliothèque Tessitures:
Anthropologues 1930s–1980s > Weiner (Annette)

2/ 4 février 2019
Un contre-modèle féminin de la parenté

Le second séminaire sera consacré à une lecture critique de:

Gloria Goodwin Raheja and Ann Grodzins Gold,
Listen to the Heron's Words: Reimagining
Gender and Kinship in North India
,
Berkeley, University of California Press, 1994.

On peut lire cet ouvrage en ligne sur le site de UC Press eBooks:

http://ark.cdlib.org/ark:/13030/ft5x0nb3v0/

Dans la Bibliothèque indianiste Ganapati
(Même Login que la Bibliothèque Tessitures);
c'est la section indianiste de la Bibliothèque Tessitures:
Anthropologues > Gold (Ann)


Ces deux chefs d'œuvre d'anthropologie féministe fondés sur l'ethnographie minutieuse d'une société traditionnelle éclairent les débats actuels sur ce que les anthropologues britanniques (Strathern, Carsten), jouant sur les mots, appellent «la parenté (relationships) après la parenté (after kinship)», c'est-à-dire après la disparition présumée des liens de parenté traditionnels dominés par les parents masculins consanguins.

Dans l'ouvrage de 1984 qui a changé le cours des études de parenté, A Critique of the Study of Kinship, David Schneider opérait un déplacement décisif, de l'idée d'affiliation (être membre d'un groupe de parents) à l'idée de possession (posséder en commun des biens ou des droits sur une maison ou des terres par exemple). Les anthropologues féministes se sont glissées dans son sillage, en montrant les unes comme Annette Weiner que la parenté était construite sur des dons et contre-dons entre hommes et femmes, et les autres comme Raheja et Gold que les femmes dans l'intimité de leurs relations amoureuses avec leur mari développaient des contre-modèles et des pratiques subvertissant les liens entre parents consanguins.