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La maladie et le corps du patient — 1

Objet du débat —
Quelle place pour la biologie en médecine?

3 décembre 2018
L'intégrité du corps, la vie des organes et la mort du patient

Le débat sera présenté à partir d'une lecture de:

Margaret Lock
Twice Dead.
Organ Transplants and the
Reinvention of Death

Berkeley, University of California Press, 2002

Dans la Bibliothèque Tessitures:
Anthropologues 1970s → > Lock (Margaret)

Née en Angleterre en 1936, Margaret Lock émigre au Canada en 1961. Biochimiste au départ, c'est après un voyage au Japon qu'elle entreprend des études d'anthropologie à Berkeley. Sa thèse d'anthropologie culturelle (1976) est reprise dans son premier livre, East Asian Medicine in Urban Japan (1980), qui ouvre la voie à plus de vingt ans de recherches ethnographiques poursuivies au Japon et aux Etats-Unis, centrées sur la maladie, les âges de la vie, l'anthropologie du corps humain et les techniques médicales d'assistance à la procréation et de transplantation d'organes. Elle est profondément convaincue de la nécessité de partir de l'ethnographie et de la valeur heuristique de la démarche comparative pour étudier les technosciences. D'où cette dialectique entre Etats-Unis et Japon qui anime toute son œuvre et dont elle a formulé très clairement le principe dans une synthèse publiée en 2000.

A comparative ethnography of technoscience (and I increasingly think comparison is a fruitful way to take on this daunting subject) must immediately confront the question of why in specific locales certain cyborgs [hybrides entre le vivant et la machine] raise little concern, while in others they create havoc. North Americans have been forced to engage with what it is about the manipulation of the fetus that triggers fury and violence. In many other locations this hybrid remains dormant, safely obscure, and in yet other situations, although recognized as a living, or potentially living entity, it causes little debate. As does a fetus, a brain dead patient/cadaver lurks on the margins of life and death, but in most of Euro/America a remarkable silence persists in connection with this new death, whereas turmoil has erupted in Japan over the past thirty years in connection with brain death and its associated technologies.

Margaret Lock, On dying twice: culture, technology and the determination of death, dans Margaret Lock, Allan Young, Alberto Cambrosio, Eds., Living and working with the new medical technologies, Cambridge, CUP, 2000, p.236.

La meilleure introduction à la lecture de Twice Dead est un compte rendu en français publié dans la revue d'études japonaises Ebisu:

Cécile Didierjean et Sophie Houdart, [Recension de:] Margaret Lock. Twice Dead. Organ Transplants and the Reinvention of Death. Berkeley, University of California Press, 2002, Ebisu, n°31 (2003): 187–191.

Dans ce livre, lMargaret Lock analyse les enjeux éthiques et culturels qui se nouent autour d'un dispositif technique, le ventilateur artificiel, qui, à partir des années 1960, en permettant le maintien en vie d'une personne dont les fonctions cérébrales ont complètement disparu, a rendu médicalement concevables les transplantations d'organes. Elle montre comment, dans deux contextes culturels différents, l'Amérique et le Japon, les gens qu'elle a observés en milieu hospitalier réagissent différemment à l'usage du ventilateur et à «la refabrication de la mort par les professionnels médicaux», the remaking of death by medical professionals (p.4).

Lectures complémentaires

Dans la Bibliothèque Tessitures:
Anthropologues 1970s → > Lock (Margaret)

Outre le livre collectif cité ci-dessus et le compte rendu de Didierjean et Houdart, parmi les textes disponibles dans Tessitures, lisez en priorité:

Margaret M. Lock, L'homme-machine et l'homme-microcosme: l'approche occidentale et l'approche japonaise des soins médicaux, Annales. Economies, sociétés, civilisations, 35ᵉ année, n°5, 1980, pp.1116–1136.

Margaret Lock, Contesting the natural in Japan: Moral dilemmas and technologies of dying, Culture, Medicine and Psychiatry 19 (1995): 1–38.

Leslie A. Sharp, The commodification of the body and its parts, Annual Review of Anthropology 29 (2000): 287–328.

Yumi Furusawa, Review of: Twice Dead: Organ Transplants and the Reinvention of Death byMargaret Lock, Social Science Japan Journal, Vol.7, No.1 (Apr., 2004), pp.160–163.

Allan Kellehear, Dying as a social relationship: A sociological review of debates on the determination of death, Social Science & Medicine 66 (2008): 1533–1544.